Les plus heureux du monde

Qu’ont en commun le Danemark, le Costa Rica et Singapour ? Les gens s’y sentent en sécurité, ont des buts, minimisent le stress et maximisent la joie. Voici pourquoi et comment.

Des jeunes hommes s'amusent à Copenhagen.

3 Personnes heureuses

Costa Rica. Alejandro Zúñiga est un père en bonne santé, d’âge moyen, qui socialise au moins six heures par jour et qui a quelques bons amis sur lesquels il peut compter. Il dort au moins sept heures par nuit et mange quotidiennement six portions de fruits et de légumes. Il ne travaille pas plus de 40 heures par semaine et il aime son travail et ses collègues. Quelques heures par semaine il fait du bénévolat; le week-end, il croit en Dieu et est passionné le footbal. Pour faire court, il fait des choix quotidiens qui favorisent le bonheur. Des choix facilités parce qu’il vit parmi les gens partageant les mêmes idées dans la verdoyante et tempérée vallée centrale du Costa Rica.

Danemark. Sidse Clemmensen vit avec un partenaire aimant et ils ont trois jeunes enfants. Ils vivent dans une communauté de cohabitation avec d’autres familles qui partagent les corvées, les garderies et les repas dans une cuisine commune. Elle est sociologue et adore son boulot. Elle se déplace en vélo ce qui les aide à rester en forme. Elle paie de lourds impôts sur son modeste salaire, mais les soins de santé, les frais de scolarité sont gratuits et sa retraite est garantie. Où elle vit dans une petite ville danoise, tous les gens sont convaincus que le gouvernement veillera à ce que rien de grave ne leur arrive.

Singapour. Douglas Foo est un entrepreneur prospère. Il a une grosse BMW et une maison de 10 millions de dollars. Il est marié, a quatre enfants en bonne santé. Il a créé son entreprise alors qu’il était encore à l’école. Il travaille environ 60 heures par semaine. Il a gagné le respect de ses employés, de ses pairs et de la communauté en général. Il a travaillé dur pour atteindre son succès mais il est convaincu qu’il n’aurait pas pu avoir cette vie ailleurs.

Tous 3 illustrent trois différentes visions du bonheur mais aussi 3 aspects du bonheur qui se complètent pour créer un bonheur durable : le plaisir, le sens de la vie et la fierté. Tous 3 vivent également dans des pays qui encouragent ces dimensions.

Regardez Zúñiga qui, comme beaucoup de costariciens, apprécie le plaisir de vivre au maximum la vie quotidienne sans stress et dans la joie et le rire. Les scientifiques appellent ce type de bonheur le bonheur expérimenté. Son pays n’est pas seulement le plus heureux d’Amérique latine, c’est aussi là que les gens déclarent ressentir le plus d’émotions positives quotidiennement que n’importe quel autre endroit dans le monde.

Clemmensen vit une forme de bonheur typique des Danois. Comme toutes les formes de bonheur, elle suppose que les besoins de base soient assurés pour que les gens puissent poursuivre leurs passions au travail et dans leurs loisirs. Les universitaires nomment ce bonheur eudémonique, un concept rendu populaire par Aristote qui pensait que le bonheur est la finalité naturelle de la vie. Au Danemark, pays qui a le plus régulièrement dominé le classement de bonheur dans le monde ces 40 dernières années, la société toute entière a évolué pour faciliter la vie de tous.

Et fidèle à la réputation de Singapour de rechercher quasi fanatiquement le succès, Foo – avec toutes ses ambitions et ses réalisations – représente la forme de bonheur appelée « satisfaction de la vie ». Les chercheurs en sciences sociales mesurent souvent ce type de bonheur en demandant aux. Les experts appellent aussi ce bonheur évaluatif. À l’échelle internationale, il est considéré comme la référence du bien-être. Singapour est le pays d’Asie qui a obtenu la satisfaction la plus élevée à la question d’évaluer leur vie sur une échelle de zéro à 10.

Comment mesurer le bonheur dans le monde ?

Selon les chercheurs qui publient le rapport annuel sur le bonheur, environ les trois quarts du bonheur humain sont attribuables à six facteurs :

  1. croissance économique solide,
  2. espérance de vie en bonne santé,
  3. relations sociales de qualité,
  4. générosité,
  5. confiance,
  6. et liberté de vivre la vie qui vous convient .

Ces facteurs n’apparaissent par hasard, ils sont intimement liés au gouvernement d’un pays, aux choix des priorités et aux valeurs culturelles. En d’autres termes, les endroits les plus heureux souhaitent le bonheur de leur peuple.

Nos 3 heureux, Zúñiga, Clemmensen et Foo, poursuivent intensément leurs propres objectifs, mais jamais au détriment de la joie et du rire, et ils sont fiers de ce qu’ils font et de ce qu’ils ont déjà accompli. Ils sont capables de le faire car les endroits où ils vivent, les poussant constamment vers des comportements qui favorisent le bien-être à long terme.

Les ingrédients du bonheur, une recette personnelle ?

Le Costa Rica met en avant un fort sens communautaire et des relations sociales, une bonne santé et veille au sens de la vie, aux objectifs de vie.

Au Danemark, les facteurs du bonheur sont avant tout la sécurité économique, l’engagement social et on fait attention à ses objectifs et à ses activités quotidiennes.

À Singapour, la stabilité économique contribue au bien-être économique, au risque de moins investir dans les autres ingrédients du bonheur.

Si le bonheur général dépend fortement de l’endroit où l’on vit, son bonheur personnel est avant tout le sien. À chacun, à son niveau, de veiller à agir et à renforcer les 6 ingrédients du bonheur.

Source: National Geographic
Photo: Cory Richards

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