49% des présidents américains ont souffert de troubles psychiatriques

En cette période d'élection présidentielle française, l'histoire de la santé mentale peut apporter d'intéressantes informations.

Le mémorial national du Mont Rushmore (Dakota du Sud aux États-Unis) est une sculpture monumentale en granite de Gutzon Borglum, haute de 18 mètres,. Elle représente quatre des présidents les plus marquants de l'histoire américaine. Il s'agit de gauche à droite de George Washington (1732-1799), de Thomas Jefferson (1743-1826), de Theodore Roosevelt (1858-1919) et d'Abraham Lincoln (1809-1865).

Nous connaissons tous les présidents états-uniens. Peut-être pas tous les présidents mais ils sont en permanence dans nos médias. Nous connaissons leurs grandes actions, leur réputation. Si ce sont des personnes hors normes, ce sont avant tout des êtres humains. Qui ont donc aussi leur difficultés voire leurs troubles psychiatriques. La santé mentale est aussi une question importante dans l’histoire des grands de ce monde.

Une étude a montré que près de la moitié des 37 premiers présidents américains (de 1789 à 1974) répondent aux critères d’un trouble psychiatrique tel que défini dans le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM), la référence des professionnels de la santé mentale.

Les chercheurs, des psychiatres du Duke University Medical Center, ont analysé leurs biographies. Ils ont montré dans leur étude publiée dans le Journal of Nervous and Mental Disease (2006) que la dépression (24%), l’anxiété (8%), le trouble bipolaire (8%) et l’abus d’alcool (8%) étaient les troubles psys les plus fréquent parmi les 37 premiers présidents américains. Et que plus de la moitié de ceux-ci ont du lutté contre leurs symptômes durant leur mandat.

Eh oui, même les présidents souffrent de maladie mentale ! L’alcoolisme a tué le 14ème président, Franklin Pierce, qui est décédé d’une cirrhose du foie. Ulysses S. Grant (18ème) et Richard Nixon (37ème) ont eu des sévères intoxications alcooliques les empêchant par moment de faire leur travail.

L’alcoolisme n’a pas épargné les proches des présidents.  Ronald Reagan (40ème) et Barack Obama (44ème) ont connu leur père alcoolique, Bill Clinton (42ème) son beau-père. Tous trois ont réagi en modérant sérieusement leur consommation d’alcool. Jimmy Carter (39ème) a vu de près les dégâts causés par l’alcool sur son frère.

Cette étude montre que certains présidents ont pu être affectés par certains troubles psychiatriques. Par exemple :

  • Dépression: James Madison (4ème), John Quincy Adams (6ème), Franklin Pierce (14ème). Abraham Lincoln (16ème) a souvert d’une dépression tellement sévère que ses proches ont craint qu’il se suicide. Calvin Coolidge (30ème) a eu une dépression réactionnelle à la mort de son fils (des suites d’une septicémie brutale.
  • Phobie sociale: Thomas Jefferson (3ème), Grant (18ème) et Calvin Coolidge (30ème). Grant était également alcoolique.
  • Anxiété généralisée: Woodrow Wilson (28ème)
  • Etats maniaques: Theodore Roosevelt (26ème) et Lyndon B. Johnson (36ème) ont montré des épisodes maniaques, signe d’un trouble bipolaire
  • L’étude a encore montré certains états ou symptômes qui ne sont pas des troubles mentaux mais qui peuvent affecter le fonctionnement cérébral. Par exemple, William Taft (27ème) souffrait d’apnées qui provoquaient de sérieuses somnolences diurnes (pas l’idéal pour les réunions).

C’est une blague récurrente de dire qu’il faut être dingue pour vouloir être président mais le plus rassurant dans cette étude est peut-être que leurs troubles mentaux ne les ont pas empêchés d’atteindre les plus hautes fonctions. « C’est la preuve que des personnes peuvent souffrir de dépression ou d’autres problèmes mentaux et toujours fonctionner à un niveau présidentiel », affirme Jonathan Davidson, un des psychiatres participants à cette étude et professeur émérite au Duke University Medical Center.

 

Source: Mental Illness In U.S. Presidents Between 1776 and 1974: A Review of Biographical Sources

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